QUEEN IFRICA (Ventrice Latora Morgan) est née en 1976. Elle est la dernière enfant du célèbre chanteur ska Derrick Morgan. Appartenant à une famille de Rastas pratiquants, c'est sa mère qui lui trouve son nom de scène. Elle transforme son premier pseudo Queen Africa en Queen I-Frica. Elle continue ses études et ses petits boulots tout en chantant régulièrement. A 18 ans, elle décide de se consacrer à la musique. Très encouragée par sa famille, elle décide de faire soigneusement son travail d'artiste. C'est pour Steevie Emmanuels, un producteur US (Texas) qu'elle fera son premier enregistrement, une chanson au thème conscious. Elle fait sa première apparition en concert au tremplin annuel de Montego Bay : le Magic City Star Search. Elle gagne le concours et se trouve retenue pour le Reggae Sumfest. En 1998, lors de ce festival, elle interprète une chanson de son idole Garnett Silk et enflamme le public. Tony Rebel la remarque et lui propose de devenir son manager. Il l'intègre alors à son équipe de Flames Productions.
Son premier single officiel sera "Royal Love" en 1999. -- Elle refuse le slackness et les artistes féminines qui, selon elle, se trompent de voie. Elle ne comprend pas les Dancehall Queens comme Tanya Stephens ou Cecil' et au contraire fait la différence de par sa foi et sa spiritualité. En ce sens elle veut continuer à délivrer le message de son père : Rastafari ! Selon elle Marcia Griffiths est l'une des rares femmes à avoir sa place dans le reggae. En 2003, Queen Ifrica participait au Rebel Salute et devenait de plus en plus populaire avec des apparitions régulières sur des compils ou des "one riddim". Nombre de ses singles sont distribués par Greensleeves. On la connaît pour ses hits "Bye Bye", "If you don't love me again" (label Cell Block), "He's just my bretheren" en duo avec Lady G, "As a Woman" sur le Crisis Riddim et "Love & happiness" sur le Clean Vibes Riddim.
INTERVIEW:
D'où viens ton nom ?
C'est ma mère qui me l'a donné et l'influence de mon père. Nous sommes cinq dans ma famille et nous sommes tous rastas. Leurs noms commençaient tous par I. Mon premier nom était Africa et je l'ai remplacé par Ifrica, c'est ma mère qui l'a trouvé.
Raconte-nous tes débuts...
J'ai commencé professionnellement il y a cinq ans. J'ai été encouragée par mon père Derrick Morgan qui m'a conseillé de tourner en dehors de Jamaïque. Oui, je suis son bébé ! Son dernier enfant ! Parfois, tes parents ne se mêlent pas de ton avenir mais les miens l'ont fait sérieusement. Je chantais comme ça en sound et ils m'ont dit de le faire de façon plus sérieuse. Alors, j'ai rencontré Monsieur Tony Rebel à un concert-hommage à Garnett Silk. C'est depuis ce jour que je chante professionnellement.
Que penses-tu de la place des femmes dans le reggae ?
Il y en a suffisamment mais nous sommes peu à faire ce que je fais : "Culture Music". Beaucoup de ces artistes féminines sont surtout attirées par la télévision. Ces filles font ce qui leur paraît être leur culture. Je me sens plus proche de femmes comme Sister Nancy, Sister Carol, Marcia Griffiths ou Sister Rita qui représentent véritablement la Jamaïque. Elles ne se compromettent pas. En terme de lyrics, certaines artistes sont pires que les hommes. Beaucoup d'artistes féminines ne font pas de bonnes choses.
Parle-nous de la Jamaique...
La Jamaïque peut être si belle ! Mais en Jamaïque, les gens subissent une existence meurtrière. Les gens en France s'inspirent de la vie en Jamaïque. Mais les Jamaïcains sont en train de perdre leur culture. Pas tous, particulièrement la nouvelle génération qui essaie d'inciter les comportements criminels. Ils s'éloignent de cette culture de la nature, de cette vibe, cette musique ou cette nourriture naturelle. Ici en France vous appréciez véritablement l'"original jamaican lifestyle". Les dreads sont plus courtes mais elles représentent vraiment les racines de notre culture jamaïcaine.
Interview par Kiko, Louky & Max / Lezan